Alors que l'armée aspire à trouver une solution concernant son manque d'effectifs, une motion déposée par l'UDC souhaiterait réduire l'attractivité du service civil afin d'augmenter le nombre de recrues et surtout de réduire le nombre de militaires qui quittent l'armée pour se diriger vers le service civil. Cette motion reprend six des huit mesures que contenait la révision de la Loi sur le service civil (LSC) refusée en 2020.
Alors que l'armée fait face à des problèmes d'alimentation en personnel et que les propositions de solutions sont diverses (par exemple l'initiative service citoyen ou l'introduction d'une journée d'information obligatoire pour les femmes), l'UDC suggère de réformer l'accès au service civil. Les changements prévus concernent principalement les militaires qui décident de changer de voie et de rejoindre le service civil après avoir déjà servi dans l'armée. Parmi ces mesures, les nouveaux admis au service civil effectueraient au minimum 150 jours de service, même si le calcul de leurs jours de service militaire restants fois 1.5 – effectué actuellement – équivaut à moins de 150. Le facteur 1.5 s'appliquerait également aux sous-officiers et officiers qui passent au service civil. D'autre part, il deviendrait impossible pour un civiliste qui a fait des études de médecine de se voir attribuer une place dans son domaine de spécialité. Une autre mesure empêcherait les militaires ayant terminé leur service d'être admis au service civil, ce qui permettrait de les garder dans les effectifs de réserve de l'armée. Cette condition viserait à garantir un nombre suffisant de soldats formés mobilisables. De plus, dès leur admission au service civil, les civilistes devraient obligatoirement effectuer une période d'affectation par année. Finalement, afin de supprimer les différences de traitement entre militaires et civilistes, ces derniers devraient, à l'avenir, effectuer leur «affectation longue» au plus tard dans l'année qui suit leur admission au service civil, alors qu'ils disposent actuellement de trois ans.
Les échanges autour de cette motion ont mis en lumière un Conseil national partagé entre le camp rose-vert et le camp bourgeois. Après la présentation de la motion par Thomas Hurter (udc, SH), une question de Lilian Studer (pev, AG) a soulevé un élément intéressant. En effet, en demandant si, au lieu de durcir les conditions pour changer de voie, il ne serait pas plus judicieux de revenir au système aboli en 2009, dans lequel les conscrits passaient devant une commission qui estimait si une objection de conscience les empêchaient d'effectuer un service militaire, Studer a reçu l'approbation d'Hurter. Cependant, ce dernier a rappelé que ce système avait été supprimé pour des raisons financières notamment. Combattant la motion, la verte libérale Corina Gredig (ZH) a argué que l'objet louperait son objectif en affaiblissant le service civil sans renforcer l'armée. Selon elle, cela favoriserait simplement la «voie bleue», c'est-à-dire être déclaré double inapte afin de ne pas effectuer de service obligatoire.
Lors de la présentation de la position du Conseil fédéral, Guy Parmelin a illustré la nécessité d'agir en évoquant les dépenses d'instruction perdues par l'armée suite aux passages de militaires ayant terminé l'école de recrue au service civil. En 2021, celles-ci étaient estimées à CHF 69 millions.
La motion a été acceptée par 93 voix contre 84 et 1 abstention. Les oppositions provenaient des groupes socialiste, vert, et vert'libéral, mais aussi de quelques centristes et d'un membre du PLR.